Historique pour FORESTVILLE

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Forestville

Origine du nom:

1- Sault-au-Cochon: En amérindien c'est Kouakoueou. Ce nom fut donné en 1664 et il évoque une caractéristique de la dernière cascade de la rivière. C'est en tout cas l'interprétation qu'en fait Mrg René Bélanger

 

2 - Forestville: Ce toponyme a été choisi en souvenir de Grant-William Forrest qui fut gérant de la compagnie Price en ce lieu de 1872 à 1895.

 

Jalons chronologiques:

 

1845: Edward Slevin, marchand des Éboulements, ouvre une scierie à Sault-au-Cochon. C'est le début du peuplement. Son épouse se nomme Mary-Ann Nesbitt. Nous savons maintenant que cette dernière a considéré son séjour en ce lieu comme une période heureuse de sa vie. Elle gardera longtemps un dessin de l'établissement à ses débuts. Les premières coupes de bois se font surtout à la rivière Laval et aux environs du lac à Cassette.

 

1847: Le 25 avril, Louise Lévesque, épouse de Basile Lefebvre dit Boulanger, donne naissance à un garçon. Le 7 août on célèbre le mariage de Prudent Fournier et de Azéline Boulay. On rapporte que l'exploitation connaît des difficultés. En effet, on déplore la perte de 3000 billots au printemps, sans doute à cause de la rupture d'une estacade. Ainsi, on ne réussit à charger qu'un seul vaisseau durant l'été. À l'automne, deux hommes se noient en essayant de traverser un lac. Un autre se fait écraser par un arbre.

 

1848: D.-S Ballantyne, arpenteur du gouvernement, y vient au mois de mars dans le but de tracer les limites du canton Laval. Il décrit dans son rapport l'établissement de Sault-au-Cochon à cette époque: Sur le lot "B", à l'angle sud-est formé par la rivière Sault-au-Cochon à son embouchure, il y a les constructions suivantes: trois maisons, un corps de logis, une cordonnerie, un entrepôt, une boutique à bois, un magasin, une forge, deux écuries, une grange, une cave à patates, un moulin à scie, une écluse de 180 pieds de long par 20 de haut, un quai de 20 pieds de large, une estacade (boom) de 250 pieds de long, un défriché de quatre âcres en terre arable. L'ensemble est évalué à 4000 livres sterling (19440$). Sur le lot "E", côté sud-ouest de la rivière Laval, on retrouve: une maison, deux granges, des estacades, un défriché de six âcres. L'évaluation s'élève à 500 livres (2430$). Notons que les vivres sont probablement rares à cette époque de l'année, car Ballantyne envoie un canot à Portneuf afin de lui rapporter du porc salé et des gros biscuits.

 

1849: William Price se porte acquéreur de ce moulin. Le bois provient alors de Sault-au-Cochon et de la baie Laval.

 

1850: Le Père Arnaud, missionnaire, vient visiter les employés et leurs familles. Il nous dit que le nombre d'habitants se situe entre 80 et 100 personnes.

 

1852: Sault-au-Cochon compte douze familles et cinquante hommes en forêt. Cette année-là, on procède à la construction d'une chapelle de 30 pieds de longueur sur un terrain donné par William Price. Cet emplacement se situe au sud du lac Forest. On aménage le cimetière juste à côté.

 

1854: Les activités prennent fin à cause de la faiblesse du marché du bois.

 

1857: Dans un compte-rendu du mois de mars, on ne retrouve que les noms des gardiens: Peter McDonald, protestant, Germain Litalien, sa femme, Hélène Vallée et leurs enfants: Germain, Philomène et Lindlay.

 

1872: On assiste à la reprise des opérations à l'été sous la direction de Grant-William Forrest, gérant pour la compagnie Price. On répare alors les bâtisses et on construit la maison du "bourgeois" qui existe encore de nos jours. Forrest sera en fonction jusqu'en 1895. Il est le fils de Grant Forrest, comptable en chef de William Price à Chicoutimi. Il habite avec sa jeune épouse dans la maison neuve qu'on vient de construire. Rappelons qu'un autre Chicoutimien, Louis Harper, ingénieur forestier, est contremaître général pendant à peu près tout le temps des opérations. Le forgeron de l'endroit se nomme Didier Minier dit Lagacé.

 

1873: Sault-au-Cochon compte 24 familles et 160 hommes sont employés pour les opérations au moulin et en forêt.

 

1883: Le 23 juillet, Mgr Bossé, Préfet Apostolique, vient pour la première fois en visite pastorale. Il bénit alors le mariage de Philippe Tremblay et de Hilda Côté. Il annonce aussi un don de 2000$ pour la chapelle. Le lendemain est un jour plus triste. En effet, un accident cause la mort de cinq personnes. Voici les faits: partis en chaloupe pour Mille-Vaches, Ephrem Martel, Louis Tremblay, Alexandrienne Pinel et ses deux filles, Cézania et Aglaé connaissent la mort par noyade. Seuls les corps des deux hommes sont retrouvés.

 

1884: Le Préfet Apostolique qui cumule les fonctions d'inspecteur d'école décrit, dans son rapport du 23 août, la situation scolaire à Sault-au-Cochon: "après une courte interruption, l'école a recommencé sous une institutrice qui me semble énergique et zélée. J'ai fait l'examen en juillet. Cinquante-deux enfants étaient présents, et encore on m'assure qu'un tiers des enfants d'âge scolaire n'y étaient pas. La maison d'école m'a paru insuffisamment éclairée et en besoin urgent de réparations. J'ai distribué beaucoup de récompenses à titre d'encouragement. Ici, encore, la population est flottante."

 

1894: C'est la fermeture de la scierie. La majorité de la population quitte le village.

 

1895: Grant-William Forrest, veuf depuis 1892, est demeuré sur place pour "fermer les livres". Un bon matin, il s'embarque sur le bateau d'Edmond Tremblay pour traverser au sud.

 

1937: C'est la renaissance de Sault-au-Cochon avec la venue de l'Anglo Pulp.

 

1944: À l'automne, on procède à l'incorporation de la ville puisque l'Anglo y est favorable. Le maire, Paul Lapointe, est d'ailleurs ingénieur forestier au service de la compagnie. De plus, un siège d'échevin est réservé d'office au surintendant de l'Anglo à Forestville.

 

1949: C'est l'incorporation de Saint-Luc-de-Laval.

 

1951: Le recensement indique que Forestville compte environ 700 habitants, soit le même nombre que Saint-Luc. Ce sont surtout les locataires de l'Anglo qui habitent Forestville, alors que ceux de Saint-Luc sont propriétaires, mais travailleurs saisonniers.

 

1952: Hydro-Québec s'y installe pour le harnachement de la rivière Betsiamites (Bersimis 1 et 2). Forestville connaît alors un "boum" économique et une augmentation démographique. De 1951 à 1976, la population de Saint-Luc triple et celle de Forestville double.

 

1968: Fondation du Journal Plein-Jour sur le Saguenay par Paul Brisson.

 

1973: Création du CLSC.

 

1979-80: Fusion de Forestville et Saint-Luc.

 

1981: La population s'élève à 4,200 habitants.

 

1992: Daishowa cesse ses opérations à Forestville.

 

Sources:

1 - Histoire de la Côte-Nord, Pierre Frenette et als, PUL, 1996.

2 - De la Pointe de tous les Diables au Cap Grincedents, Mgr René Bélanger, Bélisle, Éditeur, 1973.

3 - Chronique écrite par Mgr René Bélanger.

4- Journal Haute Côte-Nord

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