Historique pour SAULT-AU-MOUTON

Retour dans le passé de la Haute-Côte-Nord

Sault-au-Mouton & Saint-Paul-du-Nord

Origine du nom:

1 - Sault-au-Mouton:

Il semblerait qu'on se soit inspiré de l'écume tourbillonnant dans la chute d'une soixantaine de pieds à l'embouchure de la rivière. On ignore toutefois qui a pu faire cette belle comparaison. Ce que l'on sait cependant, c'est que ce nom a été donné il y a fort longtemps, car en 1611 Champlain l,avait déjà écrit sur ses cartes. Soulignons aussi que les indiens appelaient cette rivière "Kaouasagiskaket" comme le relate le Père Henri Nouvel dans la relation de 1664. Il passe huit jours à Sault-au-Mouton à partir du 5 mai de cette année-là. Selon la Société Historique du Saguenay, Kaouasagiskaket signifierait "rivière qui reluit sur les rochers ou faisant blanc sur les rochers".

 

2 - Mille-Vaches:

L'auteur de ce nom est également inconnu. Ce serait à cause des roches noirâtres que l'on aperçoit à marée basse. Vues du large, elles lui seraient apparues comme un immense troupeau de vaches couchées. Eugène Achard, quant à lui, dans son livre "Sur les sentiers de la Côte-Nord", donne l'explication suivante: on aurait baptisé cet endroit "Mille-Vaches" parce que beaucoup de vaches marines (morses, marsouins) avaient là leur rendez-vous chaque printemps. D'ailleurs, en fouillant dans les rapports des voyages de Champlain, on peut observer que sur sa carte de 1632, il inscrit "Baye des ballaines" vis-à-vis l'endroit qui se nomme aujourd'hui Saint-Paul-du-Nord. Pour ce qui est de ce dernier toponyme, il fut choisi de la façon suivante. Après sa première visite, le curé Roger Boily des Escoumins qui était chargé de cette mission, signale à l'évêque que la petite chapelle contient trois tableaux: l'Assomption, St-Antoine et Conversion de St-Paul. De plus, il suggère d'adopter l'un de ces trois sujets comme patron. L'évêque porte alors son choix sur Saint-Paul. Finalement, c'est sous l'initiative du curé Audet qu'on changea en 1931 le nom de St-Paul-de-Mille-Vaches pour celui de Saint-Paul-du-Nord.

 

Jalons chronologiques:

1653: Le 15 novembre, un acte royal concède la seigneurie de Mille-Vaches à Robert Giffard.

 

1670: Giffard cède sa seigneurie à François Aubert de la Chesnaye. Celui-ci y établit alors un poste de traite plus ou moins maintenu par la suite.

 

1763: WilliamGrant fils forme avec deux autres agents de la Compagnie Grant, Peter Stuart et John Gray, une association. Ce groupe, auquel s'adjoint Peter Dunn, obtient le bail de l'exploitation des "King's Posts" et de la seigneurie de Mille-Vaches.

 

1775: James Mackenzie, représentant de la Compagnie du Nord-Ouest, rapporte qu'en novembre, on avait tué plus de 2000 loups marins sur la batture de la baie.

 

1822: La seigneurie tombe sous le contrôle de la Compagnie de la Baie d'Hudson.

 

1853: Au printemps, des gens venus de Charlevoix, débarquent avec l'intention de s'installer à Mille-Vaches. Le premier à le faire est William Tremblay, marié à Henriette Turcotte à la Malbaie en 1831. Ils ont neuf enfants et l'aîné des garçons est lui-même marié. William s'établit à la "Pointe" alors que son fils, David, s'installe au "Cran Rouge".

 

1854: Deux autres familles de Charlevoix viennent y prendre racine. Il s'agit de Pierre Tremblay de Ste-Agnès et de son épouse Adélina Pilote ainsi que de François Desbiens de la Malbaie, marié à Mathilde Tremblay.

 

1855: À l'automne, on retrouve installé à la rivière Éperlan Jean-Baptiste Girard, originaire de l'Ile-aux-Coudres. Ce dernier est marié à Suzanne Harvey. Un autre arrivant, Dosithée Gagnon et sa femme Sophie Fortin, vient des Éboulements. Les autres sont cultivateurs alors que lui est navigateur. Le premier mariage célébré à Mille-Vaches est celui de Marie, fille de William Tremblay, et de Johnny, fils de Jean-Baptiste Girard.

 

1857: La population compte alors 101 personnes regroupées en 21 familles. On dénombre 56 enfants, mais il n'y a toujours pas d'école.

 

1858: John-Edmund Barry, gérant de la Compagnie Tétu aux Escoumins, construit une scierie à Sault-au-Mouton.

 

1867: La population s'élève à 135 habitants. Elle aura doublé deux ans plus tard.

 

1870: Arrivée du premier curé, l'abbé Pierre Boily. Ouverture de la première école et d'une petite bibliothèque.

 

1871: La route aménagée entre les Escoumins et St-Paul-de-Mille-Vaches est maintenant ouverte.

 

1898: St-Paul-de-Mille-Vaches devient municipalité autonome. Le premier conseil se compose de: Léandre Bouchard, Philippe Gagnon, Pitre Bouchard, Eusèbe Tremblay (Michaud), Élie Tremblay, Joseph Martel et William Tremblay (Ferrine). Léandre Bouchard est élu maire et Louis Bouchard devient secrétaire-trésorier au salaire annuel de 32$.

 

1899: Début de la construction de l'église de St-Paul. On prend la pierre sur l'emplacement même, "Cran Rouge". Le travail sera achevé en 1901.

 

1900: Pointe-à-Boisvert, St-Paul et Rivière-Éperlan ont leur école respective.

 

1903: La municipalité décide de construire un quai aux abords du "Cran Rouge", à l'arrière de l'église.

 

1909: Le taux des taxes municipales est de 50 cents du 100$.

 

1918: La grippe espagnole frappe. Le bilan est sombre. En effet, les registres paroissiaux font état de 54 décès, dont plusieurs dans une même famille.

 

1947: Sault-au-Mouton devient municipalité en se séparant de St-Paul-du-Nord. Le premier conseil est coposé de: Albert Côté, maire, Léon Simard, Lorenzo Morin, Albert Dufour, Georges-Émile Tremblay et Ferdinand Létourneau, conseillers.

 

1950: Création de la paroisse du Christ-Roi de Sault-au-Mouton.

 

1952: L'aqueduc devient réalité à Sault-au-Mouton.

 

1956: Inauguration de l'église de Sault-au-Mouton.

 

1962: La Domtar met fin à l'exploitation forestière.

 

1969: Ouverture de l'auberge de jeunesse dans l'ancienne résidence du gérant de la compagnie.

 

1973: Début de la scierie Jacques Beaulieu à St-Paul.

 

 

Sources:

1 - Relations des Jésuites (1656-1665), Tome 3, Éditions du Jour.

2 - Œuvres de Champlain, Georges-Émile Giguère, Éditions du Jour, 1973

3 - Histoire de la Côte-Nord, Pierre Frenette et als, PUL. 1996.

4 - Deux Villages, Une Histoire, Richard Létourneau, 1984.

5- Journal Haute Côte-Nord

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