Historique pour SACRÉ-COEUR
Retour dans le passé de la Haute Côte-Nord
Sacré-Cœur
Au début, le nom était "Canton Albert", en l'honneur du prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha, marie de la reine Victoria. On l'appelait aussi "Grand-Brûlé" et "Dolbeau". Finalement à l'automne 1884, on érige ce lieu en mission sous le vocable de "Sacré-Cœur de Jésus".
Jalons chronologiques:
Début des années 1840: l'arrivée de Louis dit Louison Gravel de la côte de Beaupré et de François Gauthier de la Malbaie marque le début du peuplement de Sacré-Cœur. Ils s'installent à la rivière Sainte-Marguerite et y vivent d'agriculture ainsi que de chasse et de pêche.
1844: Selon les documents des Pères Oblats Durocher et Fisette, il y a cinq familles d'installer à Rivière-Sainte-Marguerite pour un total de 43 habitants.
1860: Le Prince de Galles, le futur roi Edouard VII, alors âgé de dix-huit ans, vient en visite au Canada à l'occasion de l'inauguration du pont Victoria. William Price l'amène pour quelques jours en excursion de pêche sur la rivière Sainte-Marguerite. Voici ce que rapporte à ce sujet le journal le Morning Chronicle: "À l'atterrissage, une escorte d'une vingtaine de canots d'écorce équipés par des Indiens accueillit Son Altesse Royale. On avait choisi pour lieu de campement un terrain couvert d'herbe du côté ouest de la baie Sainte-Marguerite, où huit tentes avaient été dressées; à celle qui était réservée à Son Altesse Royale flottait l'étendard royal accompagné de chaque côté par l'Union Jack (drapeau anglais). On avait aussi construit jusqu'à la limite de la marée basse, une plate-forme au bout de laquelle flottait un autre drapeau, et un trottoir en cailloux formait de là un chemin à sec jusqu'au pied de la butte où se dressaient les tentes blanches, à moitié cachées par les arbres verts et protégées en arrière par la masse de montagnes. (¼ ) La tente du prince était certainement un chef-d'œuvre d'élégance simple, le sol couvert d'un tapis de branchettes odorantes de jeune sapin, avec comme ameublement tout ce que peut exiger, jusqu'au moindre détail, le confort d'un campement: sièges, chaises longues, lits, tables, cabinets, etc., le tout très adroitement fait de petites lignes d'osier et d'écorce de bouleau blanc. L'agencement était tout à fait de circonstance."
1862: En raison de l'isolement, la population s'accroît lentement et n'atteint que 66 habitants répartis en douze familles.
1863: À cause d'une liaison terrestre avec Tadoussac, le centre de peuplement se déplace alors sur le plateau de Sacré-Cœur. La qualité des terres y attire les colons, dont un certain nombre de Moulin-Baude.
1868: Ouverture d'une école grâce aux efforts de l'abbé Girard à la fois curé de l'Anse-St-Jean et desservant de Sacré-Cœur.
1869: Le même curé fait construire une chapelle de 35 pieds sur un terrain donné par François Gauthier.
1884: Sacré-Cœur et Rivière-Sainte-Marguerite regroupent 55 familles.
1885: William Price ouvre des chantiers sur la rivière Sainte-Marguerite. Cela contribue évidemment au développement de Sacré-Cœur. Le bois coupé est transporté par remorqueur à l'Anse-St-Étienne située de l'autre côté du Saguenay, puis à la scierie de Baie-Ste-Catherine. Celle-ci est en opération jusqu'en 1909, alors qu'on la déménage à la rivière Sainte-Marguerite (Bay Mill), où elle opère jusqu'en 1922. Précisons que, malgré l'exploitation forestière, l'agriculture occupe toujours une place importante dans l'économie du village.
1894: Un fromager de Bagotville vient ouvrir une fromagerie à Sacré-Cœur.
1915: Création de la municipalité.
1930: Naissance de la première coopérative agricole.
1931: Des familles de Sacré-Cœur vont s'établir à Ragueneau.
1935-36: D'autres habitants de Sacré-Cœur déménagent à Colombier.
1941: Selon les statistiques, 46% des terres sont en culture.
1946: Fondation de l'école primaire.
1974: Naissance de Samoco.
1982: La compagnie Samoco, devenue propriété de Produits forestiers Saguenay, ferme ses portes.
1984: En mars, on réouvre la compagnie forestière sous le nom de Boisco, grâce aux efforts et aux investissements locaux.
Sources:
Histoire de la Côte-Nord, Pierre Frenette et als, PUL, 1996.
Nos Racines, Jacques Lacoursière et Hélène-Andrée Bizier, Éditions T.L.M inc. 1979.
Journal Haute-Côte-Nord collaboration Richard Létourneau